Il faut lâcher prise sur le lâcher prise pour arriver à lâcher prise!
Que dis-tu de cela?

As-tu déjà vécu cela toi, ce besoin impérieux de lâcher prise quand, dans certaines situations, tu ressens un malaise difficile à nommer, que tu n’es pas bien dans le moment présent, que tout ton corps te donne des signes de fermeture, de résistance? Ta colonne devient raide, tes muscles sont douloureux, tes épaules sont lourdes, tes pas pesants. Ta tête est pleine à force de ressasser les mêmes choses. Trouver comment lâcher prise fait lentement sa place dans ton esprit pour essayer d’enrayer ce labyrinthe de sensations désagréables… 

Au lieu de te vider la tête, pour mieux voir ce qui cloche, une petite tracasserie toute bête devient rapidement plus grosse que nature! Et le stress, ce grand insidieux, prend plaisir à s’inviter chez toi en grande pompe! Alors tu cherches, tu creuses et c’est reparti : qu’est-ce qui ne fonctionne pas, qu’est-ce que je ne vois pas et qui pourrait faire une différence, qu’est-ce qui me bloque ainsi? Que devrais-je faire? Quelle est la solution pour renverser la vapeur? Comment me sortir de là?

Bon, j’exagère peut-être un peu, mais pas tant, car si certaines situations incommodantes se résolvent bien, d’autres peuvent déranger plus sérieusement. Certains évènements sur lesquels on ne surfe pas bien peuvent avoir des effets indésirables sur le corps et l’esprit. Ils sont les signaux d’un besoin de changement, d’une invitation à regarder de nouvelles perspectives ou d’une pause pour te permettre de réaliser que tu es trop « dans » la situation. Tu as le nez collé dessus au point de ne plus voir ce qu’il y a autour! Un recul devient nécessaire, non?

J’ai vécu de tels besoins de laisser aller les choses, de lâcher le contrôle pour avancer. On y arrive, tu sais! On trouve des trucs qui fonctionnent bien pour soi et, si on se retrouve avec un autre besoin de lâcher prise, c’est plus facile. Je commence à être très bonne! Haha! 

Le texte qui suit est le résultat de ma réflexion sur le lâcher prise, selon mon vécu. Ce ne sont surtout pas des conseils. Fouille, lis, cherche si tu veux te faire ta propre opinion; aime-toi suffisamment pour cela!

 

Le lâcher prise

Nous avons tous nos façons de définir le lâcher prise et de le « pratiquer ». Une chose semble pourtant rallier chacun : il n’est pas simple de le mettre en pratique. On y arrive tous, bien souvent, dans de petites choses et souvent sans s’en rendre compte… Voilà pourquoi, à mon avis, il faut également lâcher prise sur le lâcher prise pour arriver à lâcher prise! 

Il y a là, je crois, quelque chose qui peut s’appliquer au vécu de chacun. Par exemple, quand on a un mal de tête, plus on y pense, moins vite il s’en va, vrai? Si on essaie de jouer un morceau au piano et que l’on s’acharne… ça ne fonctionne pas bien, vrai? Pause… Il en est de même pour le lâcher prise. Il faut arrêter d’y penser sinon il devient lui-même un fardeau! Il faut lâcher prise sur le lâcher prise! Une fois qu’on a fait le tour du problème, que les solutions tentées n’ont pas fonctionné, on laisse le temps agir… On donne de l’air et de l’espace à notre cerveau pour qu’il crée ou trouve une solution plus efficace ou pour aborder autrement la situation. Le recul… On se trouve une occupation saine pour faire une diversion heureuse : jouer dehors, dessiner, faire de la musique, méditer, marcher, écrire, aller voir des amis… On oriente ses pensées ailleurs. On l’a tous déjà fait, on est capable et on peut le faire pour toute chose qui nous « hante ».

 

Cesser de vouloir contrôler l’incontrôlable…

Sujet très à la mode, certains considèrent que lâcher prise veut dire ployer, abandonner, ou encore, fuir. D’autres y voient, tout au contraire, une sagesse à cesser de vouloir contrôler l’incontrôlable, ce qui nous échappe. Mieux vaut alors, en laissant les choses se placer à leur rythme, permettre à la vie d’agir à sa façon pour nous aider à mieux faire face aux évènements qui dérangent ou aux situations dont on préfèrerait se débarrasser.

Le seul fait de penser à devoir lâcher prise est signe qu’on est déjà dans le « trop ». Il y a quelque chose qui demande à être libéré. Mais, se dit-on parfois, s’il y a résistance à laisser partir, c’est que l’on y tient vraiment, non ?

La question alors se pose et une réflexion est à faire : est-ce vraiment ce que l’on veut ou est-ce ce que l’on croit vouloir? Est-il temps de maintenir notre position, quasi à tout prix et maintenant ? Pour notre mieux-être actuel, est-ce le moment idéal pour obtenir ce que l’on désire tant? Peut-être que ce moment ne serait idéal que plus tard, ou peut-être jamais… Je sais, c’est désorientant, voire douloureux. Et tout ce questionnement a besoin de silence pour obtenir une réponse plus éclairée, hors de notre envie de contrôle.

On a du mal à laisser aller, de peur de ne plus retrouver le « connu », de peur de perdre ce qui nous apparaît comme essentiel. Laisser aller, ou garder malgré tout ? Peut-être faudra-t-il accepter de s’être peut-être trompé sur nos réels besoins…

 

Des trucs pour un questionnement constructif


Lâcher prise peut rebuter, car ce chemin donne souvent l’impression qu’on abandonne, qu’on démissionne, qu’on n’a pas tout fait, qu’on n’a pas été assez proactif, qu’on a été lâche, qu’on n’a pas donné le meilleur de soi, qu’on aurait pu mieux argumenter, travailler plus et plus fort, etc.  Les reproches montrent leurs gros yeux et nos épaules, elles, s’alourdissent. Ça n’en finit plus et ce n’est guère constructif!

À mon avis, il est préférable de permettre la « guérison » en empêchant son esprit de vagabonder dans la recherche incessante et obsessive d’une solution, alors que bien souvent, si on ouvre et qu’on relâche la pression… les idées viennent. Se poser des questions est tout à fait normal; c’est le « trop » et le jugement de culpabilité qui sont à éviter. Soyons doux avec nous-mêmes… on apprend! Et puis… pourquoi ne pas demander de l’aide?

Il existe de petits trucs pour aider à se libérer de cette mainmise sur son esprit, ses pensées. Ils ne sont pas toujours « miraculeux », mais souvent efficaces pour se distancer du « problème ». La répétition est un élément essentiel à la réussite de ces trucs. S’en faire une deuxième peau, je dirais, pour que cela devienne naturel, un réflexe. Je t’invite à visiter Marie Guillaumet qui présente, sur son blogue, 27 idées pour lâcher prise. Ces idées concernent davantage le lâcher prise au travail, mais s’adapte bien au quotidien également. Voici un autre lien vers le site Stress Solution : 8 conseils pour lâcher prise. Les conseils viennent un peu loin dans l’article, mais ça vaut la peine de s’y rendre. Un autre ici, sur Osez Briller, 40 manières de lâcher prise et le site de Stéphanie, ImprovYourself (développement personnel).

Une bataille avec soi, avec ses attentes

J’ai beaucoup lu sur le sujet, dont le très bon livre de Guy Finley, mais le malaise restait : au-delà de la compréhension de ce qu’est le lâcher prise, comment faire pour le mettre en application ? Il n’y a pas de recette miracle. On fait de son mieux et même le résultat peut alors perdre de son importance, parce que le seul fait de réussir à laisser aller vaut vraiment le coup!

Je crois vraiment qu’il faut commencer par arrêter de « vouloir à tout prix ». Il faut cesser la bataille avec soi, et mettre ses attentes hors service quand on voit que rien ne semble se résoudre, malgré tous les efforts. Eh oui, c’est avec soi qu’on a un problème. On a toujours le choix, même le choix de prendre le chemin que l’on ne préfèrerait pas prendre. En certaines situations, laisser tomber et s’en remettre à la vie pour la suite des choses, c’est faire un immense acte d’humilité.

 

Ne rien attendre quant au résultat

Quand on résiste, on précipite les évènements, on devient plus fébrile, on multiplie les actions pour que ce « quelque chose » arrive, parce qu’on y tient. On s’agrippe de peur que la solution ne donne pas le résultat voulu. Et, pourtant, ce qui libère encore plus, est de ne rien attendre quant au résultat. Ça, c’est peut-être une des plus belles clés pour réussir. Vouloir à tout prix un résultat précis (irréaliste ou non) peut empêcher l’éclosion de nouvelles opportunités. Faire preuve d’ouverture quant au résultat peut nous amener là où on veut, mais aussi dans des ailleurs qui pourraient être plus avantageux. Et, svp, chacun y va à son rythme, sinon ça ne fonctionne pas. Chacun doit personnellement décider de faire ou non les pas nécessaires et à sa vitesse.

Je reviens sur cette intention à cocher dans son carnet d’avancement : arrêter de vouloir contrôler les évènements. Sinon, de dépit, on risque de retomber dans le piège de la “super gérance”, en pensant qu’on a certainement oublié de faire ceci ou cela. On est porté à se critiquer et à critiquer les autres alors que la vie nous indique que ce n’est peut-être pas le moment idéal pour que notre désir se concrétise. Parfois, baisser les bras – dans le bon sens du terme – est le premier geste à faire pour leur permettre de s’ouvrir!

Quand on réussit à lâcher prise, on éprouve une grande sensation de bien-être! On le sait, on le sent, c’est très clair soudainement ; on a fait de son mieux et bien souvent, l’intense libération ressentie est, en soi, un des très beaux résultats de notre prise de distance.

Il faut laisser la rivière suivre son cours. La vie se charge du reste et elle s’en occupe souvent mieux que nous, si on lui laisse exercer sa grande force de réparation, de guérison et, surtout, si elle a les mains libres. Elle sait si bien faire le ménage ! Laissons-lui le balai si on n’a pas ce qu’il faut pour le passer soi-même. J’ai fait ce que j’ai pu, du mieux que j’ai pu ? C’est maintenant à la vie de ramasser la poussière et à nous d’éprouver la satisfaction d’avoir fait ce qu’il fallait. Plus que cela c’est de l’entêtement et alors… bonjour, la dérive !

 

La non-résistance… ployer et se déployer


Ployer, attitude associée souvent au lâcher prise, n’est pas un signe de faiblesse si de véritables efforts ont été faits. Les arts martiaux enseignent comment aller dans le sens du mouvement de l’adversaire pour l’entrainer avec soi et pour se donner plus de chances de reprendre le dessus. Ceci, par opposition à la réaction offensive, à la riposte, à la confrontation et avec le risque encore plus grand de se faire rentrer dedans avec force et de devoir encaisser le choc brutal. OUCH!

La non-résistance… En ne se braquant pas devant une embûche, on lui donne moins d’importance, ça fait moins mal et on peut mieux la regarder, la jauger et décider de façon plus éclairée quelle est la meilleure chose à faire. Ployer peut être aussi une marque de souplesse; notre corps le sait très bien quand il accepte de suivre le mouvement au lieu de s’y opposer!

Il en est de même de la nature. Elle nous offre un bel exemple de combat gagnant. Si les branches des arbres ne ployaient pas sous la force du vent, elles casseraient. Elles savent montrer leur force par leur non-résistance. Elles suivent le mouvement au lieu de se buter ou se braquer. La base est forte !

Ployer et se déployer… danse harmonieuse de la souplesse et de l’ouverture. Sans oublier qu’il y a d’autres forces actives dans la partie à jouer et qui méritent une place de choix : nos proches, le temps, la vie, nos aidants, le respect de soi, les forces de chacun – celles que l’on connait, comme celles que l’on ne connait pas…

La vie laisse toujours d’autres signes pour la suite des choses. Toujours!

Je te souhaite de belles prises dans ton lâcher prise…

N’oublie pas de regarder ce texte avec le recul nécessaire. Il est le résultat de ma réflexion sur le lâcher prise, selon mon vécu. Ce ne sont surtout pas des conseils. Fouille, lis, cherche si tu veux te faire ta propre opinion; aime-toi assez pour cela et demande de l’aide si tu en as besoin.

 

 

 

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